Depuis 2006, divers organismes agricoles et forestiers s’impliquent dans le programme REGIX. Il s’agit d’un des programmes du PNRB soutenu financièrement par l’ANR et coordonné par le GIE ARVALIS/ONIDOL. L’un des objectifs de REGIX est d’élaborer, au niveau d’un territoire, une méthode d’évaluation des gisements commune aux ressources agricole et forestière. Résultats des premières réflexions.
Les sources de biomasse sont très variées. Elles concernent à la fois la filière bois, avec les produits connexes d’industrie
(copeaux, sciures, écorce…), les déchets industriels du bois (palettes, emballage…), mais aussi, les filières agricole, viticole et arboricole, avec les coproduits de récolte ou encore les
cultures dédiées et enfin l’industrie agroalimentaire, avec des produits tels que les issues des silos, les coproduits de l’amidonnerie, de distillerie...
Face à cette offre de biomasse, les besoins industriels diffèrent. Pour chauffer, une centrale de 3 à 4 MWth nécessite 3 à 4 000 tonnes de paille soit 800 à 1 000 ha (zone étude : 3 ou 4 cantons
= approche par commune) ou 3 à 4 000 tonnes de plaquettes forestières. Autre exemple, une unité de l’industrie papetière a des besoins de 150 à 200 000 tonnes de paille, bien inférieurs à une
unité de biocarburants de 2ème génération (500 000 t voire près de 2 millions de tonnes). Ces différentes exigences qualitatives et quantitatives impliquent de faire des choix de biomasse à
l’échelle d’un territoire.
Cartographie du gisement de biomasse
Les acteurs du programme REGIX ont retenu la Champagne Ardennes comme région test pour élaborer leur méthode commune d’évaluation de gisement. Ces travaux ont permis de cartographier quelques
ressources existantes (paille de céréales et plaquettes forestières) et de faire des simulations de production avec le triticale notamment. Cette démarche sur un territoire répond à deux
objectifs. Connaissant l’emplacement d’un site de consommation, une carte permet de rechercher le rayon d’approvisionnement théorique. Connaissant la répartition spatiale de la ressource
disponible, elle permet de rechercher le meilleur emplacement théorique pour un nouveau site de consommation.
Résultats
Il ressort de cette étude que les ressources en biomasse peuvent être très différentes entre zones proches. Dans un rayon de 30km autour de Chalons en Champagne, l’offre de paille de céréales
atteint 150 000 tonnes, contre 60 000 t autour de Bar sur Aude. Dans un rayon de 50 km, la différence est plus flagrante : 420 000 tonnes autour de Chalons, contre 165 000 tonnes autour de
Bar.
Autre question posée dans cette étude : quelles aires d'approvisionnement pour trois hypothèses de besoins industriels en biomasse autour de Chalons sachant qu’au-delà de 30 km l’hypothèse de
travail précise que la ressource en paille n’est pas disponible ? Si ces besoins industriels sont de 150 000 t, l’offre en paille est suffisante dans un rayon de 30 km. S’ils s’élèvent à 200 000
tonnes, il faut alors compléter avec une autre ressource par exemple du triticale pour 40 000 t). S’ils devaient atteindre 250000 tonnes, le rayon d’approvisionnement avec le triticale passerait
à 48km ou alors il faudrait accroître la surface consacrée à cette culture dans le rayon des 30 km.
En terme de coût, plus le rayon et le nombre de sources mobilisées sont grands, plus les coûts sont élevés (carte) dès lors que plusieurs matières premières au coût différent sont mobilisées et
que les rayons d’approvisionnement s’accroissent.
Téléchargez ICI la carte :
Effets de la mobilisation de plusieurs ressources sur le coût moyen de la biomasse
Source : Arvalis institut du végétal du 23/02/09
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